Woodsurfer

BATIMAT 2017 – Le bois et les circuits courts

Margaux Pétillon, ingénieure ETP, architecte HMONP, CAN-Ingénieurs Architectes

« Notre agence à Nantes est spécialisée dans les matériaux biosourcés. Nous avons une volonté de construire bas carbone et de dépolluer l’acte de construire. Notre société a la double compétence d’ingénierie et d’architecture ce qui nous permet de réfléchir en amont pour apporter le plus de matériaux biosourcés possible et réduire l’impact de nos bâtiments. Nous avons réalisé un bâtiment de bureaux pour la société Tribala. Il est biosourcé, labellisé Bas Carbone. Nous avons développé un système de panneaux préfabriqués bois et béton de chanvre. On vise le passif pour ce bâtiment. La préfabrication représente un gain de quatre à cinq semaines sur le chantier. »

Isabelle Poulain, architecte :

« Le château de La Bourdaisière, situé à Mont-Louis, est la propriété de Louis-Albert de Breuil. Au mois d’octobre, le château a accueilli la deuxième édition du Festival de la forêt et du bois. Nous avons mis en place un concours sur la construction d’une maison 100 % bois. Le projet lauréat est un bâtiment ultracontemporain qui utilise les bois locaux. Lors du prochain festival, les visiteurs pourront voir ce projet construit. Parmi les essences, on trouve du cèdre, du châtaignier, du Douglas et du mélèze. Une partie sera préfabriquée et assemblée sur place pour ne pas trop délocaliser. Le vitrage sera également fait à partir de bois : des sociétés commencent en effet à faire du bois semi-transparent. Le chauffage se fera via une chaudière à bois également. Ce sera un bâtiment entièrement bioclimatique. La façade sera plaquée de bois pour lui conférer un certain lissé. Construire 100 % bois est une belle démonstration de ce que peut faire la filière forêt-bois française. » 

Arnaud Lobez, directeur général Biom Work

« Biom est une agence de notation qui a mis au point l’indice Biom, le seul indice qui permet à l’entreprise de valoriser le service social et environnemental qu’elle apporte à la société. Nous travaillons beaucoup sur tout ce qui est produit en France. Nous avons fait une étude sur le Douglas. France Douglas nous a demandé de comparer des constructions en bois du Nord à des constructions en Douglas. Nous avons observé des entreprises qui travaillent sur la construction d’une maison, la quantité de bois utilisée et les dépenses faites, puis sélectionné toutes les dépenses qui ont un impact économique et développement durable. L’addition de ces dépenses effectuée, nous divisons son résultat par le montant du projet, ce qui permet d’obtenir la redistribution du montant du projet au profit de l’économie ou du développement durable. Quand on fait une construction en Douglas, le retour au profit de l’économie française est le double de celui d’une construction en bois du Nord. Le profit du développement durable est de plus de 20 %. »