À Langon, en Gironde, la Maison des solidarités du Département a été livrée par l’agence ABF-LAB. Le projet s’inscrit dans une démarche architecturale centrée sur les enjeux environnementaux, énergétiques et sanitaires, en privilégiant une conception bioclimatique et l’usage exclusif de matériaux naturels.
Le bâtiment a été pensé comme un lieu d’accueil destiné aux publics des services sociaux départementaux. L’organisation intérieure s’articule autour d’un noyau central lumineux, qui distribue l’ensemble des espaces et favorise la lisibilité des parcours. L’ambiance intérieure repose sur l’utilisation de matériaux naturels appliqués sur toutes les parois, notamment le bois, les enduits de terre et les enduits à la chaux, en cohérence avec la vocation sociale du programme.
La conception revendique une construction à faible empreinte environnementale, en excluant les matériaux pétrochimiques, énergivores ou émetteurs de composés organiques volatils. Les colles synthétiques et les ossatures métalliques secondaires ont été écartées au profit d’une structure et d’un second œuvre réalisés en bois et en terre, complétés par plus d’un millier de bottes de paille. L’ensemble du bâtiment repose ainsi sur des matériaux biosourcés et géosourcés, peu transformés et d’origine française.
Le projet intègre également une dimension d’économie circulaire. Plusieurs éléments issus de l’ancienne gendarmerie présente sur le site ont été réemployés, notamment des portes en bois et des radiateurs, limitant le recours à des équipements neufs et prolongeant la durée de vie de matériaux existants.
Le confort thermique est assuré sans recours à la climatisation, grâce à un ensemble de dispositifs passifs. La ventilation naturelle est favorisée par le tirage thermique, assuré par des lanterneaux en toiture et des brasseurs d’air. L’inertie thermique des enduits de terre contribue à la régulation des températures intérieures, tandis qu’un moucharabieh en briques de terre crue participe à la création d’un microclimat intérieur. Des protections solaires extérieures complètent le dispositif, comprenant une casquette périphérique, des brise-soleil orientables et des volets en osier tressés.
Le chauffage du bâtiment repose sur une chaufferie biomasse. Une installation photovoltaïque en toiture permet de produire plus de la moitié de l’énergie nécessaire au fonctionnement de l’équipement. Les utilisateurs ont été accompagnés lors de la prise en main du bâtiment grâce à un mode d’emploi bioclimatique, visant à faciliter l’appropriation des principes de fonctionnement et à associer les usagers aux objectifs environnementaux du projet.


