À 24 ans, Thomas Jitiaux a repris la direction d’Audy, scierie-raboterie landaise fondée en 1930 et spécialisée dans la transformation du pin maritime. Cette reprise illustre l’arrivée d’une nouvelle génération d’entrepreneurs au sein de la filière bois, combinant ancrage territorial, transmission de savoir-faire et volonté de structurer une activité durable.
Le parcours de Thomas Jitiaux est atypique. Après des études en sciences politiques, communication et management, et un passage par les centres de formation du Racing 92 et de Massy, il choisit de s’installer dans le Sud-Ouest. Une rencontre avec l’ancien propriétaire d’Audy, Laurent Delthé, conduit à une alternance dans l’entreprise. Il y découvre les opérations de production, progresse rapidement et présente quelques mois plus tard un projet de reprise. Malgré un apport limité, il obtient le soutien des banques et devient dirigeant à 23 ans.
Audy transforme le pin maritime issu de forêts situées dans un rayon de 50 kilomètres en parquets, lambris, lames extérieures et produits rabotés. L’entreprise regroupe une trentaine de salariés et dispose d’un site de deux hectares à Salaunes. En 2024, elle enregistre un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros. Son fonctionnement repose sur des approvisionnements locaux, un traitement vapeur des bois et une chaudière biomasse alimentée par les sous-produits de la scierie. Les fabrications sont certifiées PEFC et labellisées NF.
Pour les années à venir, Thomas Jitiaux souhaite consolider l’activité, maintenir les emplois et poursuivre la structuration des process de production. Il ambitionne également d’ouvrir de nouveaux marchés et de renforcer les collaborations régionales au sein de la filière. Les difficultés liées au recrutement, à la gestion des flux de matière ou aux contrôles environnementaux font partie des enjeux quotidiens qu’il entend aborder avec une approche collective.
Pour la filière bois landaise, cette reprise montre l’intérêt de nouveaux profils pour les entreprises régionales, dans un secteur où la transmission et la continuité des savoir-faire restent déterminantes.




