Après les incendies de juillet 2026 en Gironde et dans les Landes, Fibois Landes de Gascogne appelle à soutenir rapidement les sylviculteurs et à associer l’ensemble de la filière forêt-bois à la reconstitution du massif. L’interprofession souligne notamment l’urgence de valoriser les bois issus des parcelles incendiées et défend une reconstruction adaptée aux caractéristiques de chaque territoire.

Les incendies de l’été ont une nouvelle fois fortement affecté le massif des Landes de Gascogne. Selon le bilan provisoire du GIP ATGeRi arrêté au 13 août et repris par Fibois Landes de Gascogne, 3 399 feux avaient parcouru 47 951 hectares en Nouvelle-Aquitaine, dont 37 659 hectares en Gironde et 5 520 hectares dans les Landes.

Les conséquences concernent en premier lieu les propriétaires forestiers, dans un massif détenu à 92 % par des propriétaires privés. Mais elles touchent également l’ensemble de la chaîne forêt-bois. Certaines entreprises ont dû être évacuées pendant les incendies, tandis que d’autres ont subi les restrictions d’accès aux secteurs sinistrés.

Pour Fibois Landes de Gascogne, l’après-incendie doit désormais s’organiser autour de trois priorités : soutenir les sylviculteurs touchés, accompagner la mobilisation de la filière et associer ses acteurs aux décisions concernant l’avenir du massif.

Exploiter et conserver les bois sinistrés

Les premières opérations portent sur la sécurisation des secteurs incendiés. Propriétaires, entreprises de travaux forestiers et agricoles, coopératives, acteurs de la Défense des forêts contre les incendies (DFCI), collectivités et services publics interviennent sur le terrain.

À Saumos, les travaux d’urgence coordonnés par la DFCI ont permis de réaliser 170 km de zones d’appui et 110 km de sécurisation des lisières. À Biscarrosse, 17,8 km de zones d’appui ont également été aménagés.

Les diagnostics doivent parallèlement identifier les arbres devenus dangereux et déterminer les abattages nécessaires, notamment à proximité des voies de circulation et des espaces ouverts au public.

Un autre enjeu concerne la valorisation des bois provenant des parcelles incendiées. Fibois Landes de Gascogne estime nécessaire d’exploiter rapidement les zones concernées et de mettre en place des plateformes de stockage sous aspersion, afin de préserver autant que possible la qualité des bois pouvant encore être destinés au bois d’œuvre.

L’interprofession demande pour cela un soutien financier de l’État. Sans dispositifs de stockage adaptés, une partie de la ressource risquerait d’être déclassée, avec des conséquences économiques pour les propriétaires comme pour les entreprises de transformation.

Le pin maritime n’explique pas à lui seul les incendies

Fibois Landes de Gascogne souhaite également rappeler les connaissances scientifiques disponibles concernant le comportement des forêts face au feu.

Selon les éléments de l’INRAE repris par l’interprofession, 90 % des départs de feu sont d’origine humaine, accidentelle ou intentionnelle. L’ampleur d’un incendie résulte toutefois d’une combinaison de facteurs : conditions météorologiques, état de la végétation, organisation du paysage, structure et gestion des peuplements ainsi que dispositifs de prévention et d’intervention.

Concernant spécifiquement le pin maritime, l’INRAE indique que cette essence n’est « ni intrinsèquement résistante ni intrinsèquement vulnérable » au feu. Son comportement dépend notamment de l’âge, de la densité et de la structure des peuplements ainsi que des pratiques sylvicoles.

La présence d’une essence particulière ne peut donc, à elle seule, expliquer l’ampleur d’un incendie.

Quelle forêt reconstruire ?

La reconstitution du massif s’inscrit nécessairement dans le temps long. Selon les situations, elle peut passer par la régénération naturelle, la plantation ou une combinaison des deux.

Les travaux de l’INRAE publiés en août 2026 identifient plusieurs leviers : gestion du sous-bois, évolution de la densité des peuplements, création de coupures de combustible ou diversification des peuplements. L’Institut souligne cependant qu’aucune solution unique ne peut être appliquée à l’ensemble du massif.

Les caractéristiques du territoire, l’état des parcelles et les objectifs de gestion doivent être pris en compte pour déterminer les modalités de reconstitution.

Cette réflexion avait déjà été engagée après les incendies de 2022. Fibois Landes de Gascogne avait alors travaillé avec la SEPANSO sur les conditions de reconstitution des forêts touchées.

Préserver l’équilibre entre forêt et industrie

L’interprofession insiste enfin sur les relations économiques entre la ressource forestière et les industries de transformation implantées sur le territoire.

En situation normale, les entreprises du massif achètent chaque année environ 6 millions de m³ de bois. Selon Fibois Landes de Gascogne, les revenus générés par cette valorisation contribuent au financement de l’entretien des parcelles et de leur renouvellement. En retour, la disponibilité d’une ressource gérée sur le long terme donne aux industriels la visibilité nécessaire pour investir dans leurs outils de transformation.

Pour l’interprofession, cet équilibre doit être intégré aux décisions qui seront prises pour reconstruire le massif après les incendies de 2026.

La filière entend également participer à une autre reconstruction : celle des bâtiments et infrastructures touchés par les incendies, en mobilisant les entreprises, les savoir-faire et la ressource bois du territoire.