À l’approche des élections municipales de 2026, Fransylva, fédération représentant les propriétaires forestiers privés, appelle les candidats des communes concernées par des massifs forestiers à s’engager autour de cinq priorités jugées essentielles pour l’avenir de la forêt française. L’organisation rappelle que la forêt joue un rôle central dans la transition écologique, à la fois comme puits de carbone, réservoir de biodiversité et ressource stratégique pour la filière bois.

Représentant environ 75 % de la surface forestière nationale, les forestiers privés soulignent que la gestion durable et active des forêts est aujourd’hui freinée par de nombreux obstacles réglementaires, administratifs et sécuritaires, dans un contexte marqué par le changement climatique, les maladies et les épisodes de sécheresse.

Premier axe mis en avant : faciliter les activités sylvicoles. Fransylva demande notamment que les documents d’urbanisme locaux n’entravent pas la gestion forestière et que les arrêtés municipaux ne bloquent pas les travaux ou le transport du bois. L’objectif est de permettre le renouvellement des peuplements et d’assurer l’approvisionnement en matière première bois.

La fédération alerte également sur la recrudescence des incivilités et violences en forêt, allant des dépôts sauvages aux vols de bois, en passant par les intrusions et les dégradations. Elle appelle les maires à faire respecter les règles, à soutenir les professionnels victimes de ces actes et à mobiliser les services compétents face à des réseaux parfois organisés.

Autre enjeu majeur, l’équilibre forêt-gibier. La forte augmentation des populations de cerfs, sangliers et chevreuils compromet, selon Fransylva, le renouvellement naturel des forêts et la diversité des essences. Les forestiers demandent un soutien renforcé aux associations de chasse, une régulation accrue et un rôle de médiation des élus pour mieux expliquer ces problématiques aux habitants.

Le quatrième engagement concerne l’intégration des propriétaires forestiers dans les commissions communales traitant de forêt, de foncier et de fiscalité, afin de favoriser un dialogue de terrain et une meilleure prise en compte des réalités sylvicoles.

Enfin, Fransylva insiste sur l’application stricte des obligations légales de débroussaillement, rappelant que la grande majorité des habitations détruites lors d’incendies se situent dans des zones insuffisamment entretenues. Ces obligations concernent aussi bien les particuliers que les zones industrielles, commerciales ou les infrastructures, et constituent un levier clé de prévention des feux de forêt.

À travers ces cinq orientations, la fédération souhaite alerter sur les conséquences qu’aurait une inaction collective, tant pour les territoires ruraux que pour l’ensemble de la filière forêt-bois, qui représente plusieurs milliers d’emplois non délocalisables. Elle appelle les pouvoirs publics locaux à se mobiliser pour préserver ces écosystèmes et les outils économiques qui leur sont associés.