Après avoir arrêté, il y a deux ans, la production de bardages en épicéa, Piveteaubois généralise l’emploi du Douglas en façade, affirmant ainsi sa stratégie de spécialisation. Ce choix permet à l’industriel de se démarquer sur le marché des revêtements muraux en bois. Entretien avec Gwénolé Lees, directeur de la prescription et chef de marché bois dans la construction chez Piveteaubois.
La dernière étude du marché des bardages bois, publiée par la Fédération Nationale du Bois et Le Commerce du Bois, fait état d’une extraordinaire progression du Douglas dans le secteur de la construction, essence de prédilection de Piveteaubois. Quelles sont, selon vous, les raisons de cette montée en puissance ?
Le Douglas devient effectivement la première essence du marché, devant l’épicéa et notamment l’épicéa du Nord, avec une progression importante de 47 % entre 2019 et 2024. Rappelons que 95 % d’épicéa transformé en bardage en France est importé des pays scandinaves. Durant cette période, le mélèze a perdu globalement 300 000 m2, dont un tiers à cause de l’embargo sur les bois russes. Mais ce sont les qualités du Douglas qui sont les principales raisons de l’évolution du marché.
Le bois français est de plus en plus demandé par les maîtres d’ouvrage aussi bien dans le secteur public que privé : établissements scolaires, petit collectif, bureaux… Naturellement durable dans la partie hors aubier, le Douglas peut être posé sans traitement. C’est une tendance minoritaire – les ventes de bardages naturels ont même baissé l’année dernière –, mais ces produits représentaient tout de même 13 % du marché. La demande qui augmente est celle des bardages autoclavés, qu’ils soient en épicéa ou en Douglas. Les ventes ont progressé de 17 % et ces bardages représentent aujourd’hui plus de 60 % du marché. Par ailleurs, le Douglas, qu’il soit naturel ou autoclavé, a la capacité à être utilisé en classe 3.2, ce qui est recommandé, voire obligatoire dans les zones humides et dans les parties basses des ouvrages qui sont fréquemment humidifiées. Les performances mécaniques et la durabilité naturelle ou conférée de cette essence sont donc plus importantes que celles de l’épicéa et c’est un réel atout qui explique pourquoi le Douglas continue sa progression. Piveteaubois fabrique plus de 1 300 000 m2 de bardages par an, ce qui représente plus de 20 % de parts de ce marché. Il y a deux ans, nous avons décidé d’arrêter la production de bardages en épicéa et de nous concentrer presque exclusivement sur le Douglas. Ainsi, on a participé activement à cette montée en puissance.
Au-delà de ses performances mécaniques et de sa durabilité, quels autres atouts apporte le Douglas dans le cadre de la RE 2020 ?
Qu’il vienne de France ou des pays scandinaves, le bardage bois reste la solution la plus intéressante au niveau du bilan carbone par rapport aux autres revêtements de type métallique (dont le zinc) ou enduit. Néanmoins, au sein des revêtements bois, le bardage en Douglas bénéficie de FDES plus intéressantes que celles de l’épicéa de ce point de vue. Tout d’abord, c’est un bois plus dense, il séquestre donc plus de carbone. En plus, comme c’est un bois français, la proximité de la ressource améliore son bilan carbone face aux épicéas du Nord qui sont importés.

Photo : Bardage ARIOSO et ARIOSO rainuré en Douglas marron par imprégnation © PIVETEAUBOIS
Quels sont vos marchés cibles pour le bardage ?
Ils sont très variés. Nous sommes présents sur tous les canaux de distribution, surtout dans la distribution de matériaux aux professionnels et directement auprès des entreprises. Nos produits sont donc posés aussi bien en maison individuelle que dans l’habitat collectif et dans le secteur du tertiaire. Les fabrications des FOB et des COB en usine prennent de l’ampleur avec le développement du hors-site. Il y a tout de même toujours une grande partie des volumes destinée à la pose sur site par des charpentiers ou des façadiers.
Comment évolue votre offre ?
Nous fabriquons de plus en plus de bardages verticaux parce que d’une part, ils sont plus simples à poser en hors-site et, d’autre part, plus intéressants en termes de durabilité de l’ouvrage. La pose verticale est une solution plus drainante que la pose horizontale. On privilégie également les profils adaptés à ce type de pose. Il est aussi important de pouvoir proposer aux architectes des moyens de se différencier.
Notre offre est constituée d’une trentaine de profils disponibles à la gamme, dont certains peuvent s’associer entre eux, ce qui permet de varier les styles, les rythmes et les épaisseurs. Les gammes évoluent pour donner plus de choix aux architectes. On standardise la production du mur et on personnalise la façade grâce au bardage.
Allez-vous présenter des nouveautés à la rentrée ?
Nous avons fait, en juin dernier, des essais SBI en laboratoire spécialisé feu sur nos bardages innovants, supérieurs à 28 mm, qui font des profils épais et profonds pour donner une esthétique différente aux façades. Ces produits, plus denses et plus épais que les bardages standard, présentent une meilleure performance de réaction au feu (d-s1,d0 sur support bois), et, désormais, nous sommes en mesure de le justifier par un rapport de classement auprès des bureaux d’études et de contrôle. Dernière initiative en date : la mise en ligne d’un centre de téléchargement qui regroupe l’ensemble de la documentation technique, accessible en quelques clics sur le site internet de PIVETEAUBOIS (https://www.piveteaubois.com/fr/documents-techniques-a-telecharger).Une façon d’accompagner les professionnels au quotidien, avec des réponses claires et efficientes.
Photo de couverture : Bardage MELODIK en Douglas prégrisé par imprégnation. Collège des Buclos, Meylan (38). Architecte : APOÏDEA Architecture – Marina DALMAS. © Tchitchinova Guily Alessia