Alors que plusieurs dizaines de milliers d’hectares de forêts ont été détruits par les incendies ces dernières semaines et que le Gouvernement prépare un plan d’investissement pour la forêt française, les Coopératives Forestières appellent à renforcer les moyens consacrés à la prévention. Elles estiment que la gestion durable des massifs forestiers doit constituer un axe central des futures politiques publiques.
À l’occasion de la préparation du projet de loi de finances pour 2027, l’Union de la Coopération Forestière Française (UCFF) formule plusieurs propositions visant à améliorer la résilience des forêts face au risque incendie. Pour l’organisation, les investissements annoncés ne produiront pleinement leurs effets que s’ils soutiennent également les opérations d’entretien et les infrastructures indispensables à la gestion des massifs.
Miser sur la prévention
Selon les Coopératives Forestières, la lutte contre les incendies ne repose pas uniquement sur les moyens d’intervention des services de secours. Elle passe également par une gestion régulière des peuplements. Débroussaillement, éclaircies, entretien des pistes forestières ou encore amélioration de la desserte permettent de limiter la quantité de combustible disponible, de ralentir la propagation des flammes et de faciliter l’accès des équipes d’intervention. L’organisation estime que ces opérations demeurent insuffisamment financées et demande qu’elles soient intégrées aux futurs dispositifs d’investissement prévus pour la forêt française.
Développer les équipements de desserte
Les Coopératives Forestières proposent également de renforcer les équipements de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) et d’étendre les dessertes forestières à l’ensemble des massifs. Ces infrastructures jouent un rôle essentiel pour permettre une intervention rapide des secours, mais également pour faciliter les travaux sylvicoles tout au long de la vie des peuplements. L’UCFF souhaite que ces investissements puissent être soutenus à la fois dans le cadre du budget national et de la future Politique agricole commune (PAC), actuellement en préparation au niveau européen.
Clarifier le cadre réglementaire
Au-delà des questions de financement, les Coopératives Forestières appellent à une clarification de l’application de l’article L411-1 du Code de l’environnement relatif à la protection des espèces. Selon l’organisation, certaines interprétations de ce texte peuvent compliquer ou retarder la réalisation de travaux d’entretien pourtant considérés comme indispensables à la prévention des incendies, notamment les opérations de débroussaillement prévues dans le cadre des obligations légales. Elle demande ainsi une sécurisation juridique permettant aux gestionnaires et aux entreprises de travaux forestiers de conduire ces interventions dans des conditions plus lisibles.
Une gestion durable présentée comme un levier de résilience
Pour les Coopératives Forestières, le futur plan d’investissement annoncé par le Gouvernement représente une occasion de renforcer la gestion durable des forêts, en particulier dans les massifs privés qui ne disposent pas encore d’un document de gestion. L’organisation estime que la prévention des incendies, le renouvellement forestier et l’entretien des peuplements constituent des leviers complémentaires pour améliorer la résilience des forêts françaises face aux effets du changement climatique.


